Coup d’oeil sur la Macédoine : géographie et histoire

 

normal Alexander the Great Bust Coup d’oeil sur la Macédoine : géographie et histoire

de Nina Gatzoulis

La Macédoine est l’une des régions de la Grèce et, à ce titre, elle a toujours fait partie
intégrante du monde grec. Issus des Héraclides (eux-mêmes descendants du mythique
Héraclès), les Macédoniens d’origine, soit les Grecs macédoniens, arrivèrent dans la région
autour de 2000 av. J.-C. Hérodote, père de l’Histoire, décrivit avec soin l’odyssée, longue de
800 ans, de ce vaste groupe, qui se subdivisa par la suite. Parmi ceux-ci figuraient les Doriens,
les Acarnaniens et les Étoliens. Peu après la Guerre de Troie, le premier groupe, sous le
commandement de Doros, s’établit dans le Péloponnèse, suivi des Acarnaniens et des
Étoliens qui se dirigeaient aussi vers le Sud. Un autre groupe fit route vers l’Est et fonda le
Royaume de Macédoine.

 Sous le règne de Philippe II, père d’Alexandre le Grand, la Macédoine devint une des
grandes puissances de l’Europe. Sa tentative de rassembler les cités-États de la Grèce en une
union panhellénique fut couronnée de succès, donnant naissance à la nation grecque telle
que nous la connaissons aujourd’hui. Philippe II, en 337 av. J.-C., et son fils Alexandre, en
335, furent élus commandants généraux de tous les Grecs à l’assemblée de Corinthe. Seuls les
Spartiates refusèrent de participer à l’Union panhellénique. Alexandre le Grand, qui régna
de 336 à 323 av. J.-C., conquit la presque totalité du monde alors connu, diffusant la langue
et les traditions grecques chez les peuples vaincus. Grâce à ses successeurs, l’Empire
macédonien grec subsista jusqu’en 168 av. J.-C., moment où tous les territoires furent conquis
par les Romains. Même alors, l’influence de la langue et de la culture grecques demeura
prépondérante dans l’Empire. 

Lors de la conquête romaine qui se poursuivit jusqu’à l’époque byzantine, soit pendant
environ 1000 ans, ce territoire ayant Constantinople comme capitale et Thessalonique
comme centre culturel et commercial de l’Empire, garda son caractère grec. De plus, à
l’époque de Justinien, la langue grecque fut adoptée comme langue officielle de l’État
byzantin.

 Du IIIe au XIVe s. de l’ère chrétienne, la Macédoine fut envahie à maintes reprises à partir
du Nord. C’est ainsi que les Bulgares s’y établirent en 681, le traité de 716 leur octroyant
officiellement le territoire compris entre le mont Haémus et le Danube. Ce territoire avait
été, jusqu’à ce jour, province de l’Empire byzantin. À la fin du Xe s., le roi bulgare Samuel
tenta par tous les moyens de conquérir les territoires helléniques. Après avoir réussi à
atteindre le sud de la Grèce, l’armée de Samuel fut pourchassée et anéantie le 29 juillet1014.
Dès leur apparition dans le sud des Balkans au IXe s., les Serbes devinrent à leur tour une
puissance et tentèrent d’envahir d’autres territoires de manière périodique. C’est à
cette époque que l ’Empire ottoman s’organisa. Dès le XVe s., Thessalonique (1430) et
Constantinople (1453) subirent le sort du reste des Balkans et de l’Asie Mineure, et
tombèrent aux mains des Turcs.

 Sous l’occupation turque, la Macédoine réussit à préserver son identité grecque de manière
ininterrompue grâce au maintien de la langue, de la religion et de la culture grecques. On
permit l’ouverture d’écoles grecques dans plusieurs villes macédoniennes, tout comme
ailleurs dans le reste de la Grèce. Lorsqu’elles furent interdites par les Turcs, les écoles
continuèrent de fonctionner secrètement dans les églises.

 Approvisionnés de manière importante en munitions et en hommes par la Grèce libre, les
Macédoniens prirent part en 1904 à une guérilla systématique et s’engagèrent dans la Lutte
macédonienne qui prit fin en 1908. De cette lutte émergèrent plusieurs noms glorieux :
Pavlos Melas, Germanos Karavangelis, Ion Dragoumis, Kotas, Lambros Koromilas,
Constantin Mazarakis et Telos Agras, pour ne nommer que ceux-là.
L’éventuelle union avec la Grèce libre évita à la Macédoine de tomber aux mains des Slaves
durant les guerre balkaniques (1912-1913). En 1821, la lutte contre l’occupant ottoman
débuta dans le sud de la Grèce pour prendre fin à sa libération en 1832. Durant les guerres
balkaniques, la Grèce délivra du joug des Ottomans la province de Macédoine ainsi que
certaines autres régions.

 Jusqu’en 1944, la région la plus méridionale de l’ex-Yougoslavie s’appelait Vardaska
Banovina (province de la rivière Vardar). Puis le maréchal Tito (Joseph Broz), principal
dirigeant politique de la Yougoslavie à cette époque, créa une république de la Yougoslavie du
Sud et la nomma République populaire de Macédoine. Cependant, une des provinces du
nord de la Grèce portait déjà le nom de Macédoine.

Après 1944, on mit sur pied une campagne systématique et concertée afin que la république
de la Yougoslavie du Sud s’approprie l’histoire de la Macédoine ancienne. Des spécialistes de
la République populaire de Macédoine furent chargés de réécrire leurs propres manuels
d’histoire afin d’inclure l’histoire ancienne de la Macédoine, selon les souhaits de la Ligue
communiste de Yougoslavie, y joignant des cartes géographiques trafiquées où leur
Macédoine s’étendait jusqu’à la moitié nord du mont Olympe.

Les immigrants grecs macédoniens des États-Unis tentèrent à plusieurs reprises, à peine
arrivés dans leur nouvelle patrie, de fonder une Organisation macédonienne, mais en vain.
Conscients toutefois de la propagande insidieuse alimentée de façon systématique par leurs
voisins au nord des frontières de la Macédoine, ils décidèrent de s’attaquer à la désinformation qui se répandaient à une vitesse folle.

 La circulaire par valise diplomatique du secrétaire d’État Edward Stettinius, sous
l’administration Roosevelt, les alarma particulièrement en 1944. Celle-ci sensibilisait le
gouvernement américain à l’émergence d’une conscience nationale macédonienne, d’une
patrie macédonienne ou d’une nation macédonienne. La population macédonienne des
États-Unis redoutait qu’il y eût des intentions agressives envers la Grèce et décida d’agir. Tous les groupes macédoniens des États-Unis furent ainsi convoqués à une série de congrès et de consultations. Puis, le 21 janvier 1947, on organisa une réunion générale à New York, où le premier Comité panmacédonien provisoire fut formé.

Toutefois, en septembre 1991, la partie sud de l’ex-Yougoslavie proclama son indépendance
sous le nom de République de Macédoine. La Grèce continua à s’opposer à l’utilisation du
nom Macédoine. Du fait de cette objection, les Nations Unies reconnurent cette nation
comme nouveau membre, mais sous le nom temporaire d’Ancienne République yougoslave
de Macédoine (ARYM ou FYROM, en anglais, pour Former Yugoslav Republic of
Macedonia) jusqu’à ce qu’une solution concernant le nom ait été trouvée. Jusqu’à ce jour, tel
n’a pas été le cas, et la date butoir du 13 septembre 2002 a été dépassée, avec comme seule
entente une prolongation des discussions entre les deux pays concernés.

 Toutefois, en septembre 1991, la partie sud de l’ex-Yougoslavie proclama son indépendance
sous le nom de République de Macédoine. La Grèce continua à s’opposer à l’utilisation du
nom Macédoine. Du fait de cette objection, les Nations Unies reconnurent cette nation
comme nouveau membre, mais sous le nom temporaire d’Ancienne République yougoslave
de Macédoine (ARYM ou FYROM, en anglais, pour Former Yugoslav Republic of
Macedonia) jusqu’à ce qu’une solution concernant le nom ait été trouvée. Jusqu’à ce jour, tel
n’a pas été le cas, et la date butoir du 13 septembre 2002 a été dépassée, avec comme seule
entente une prolongation des discussions entre les deux pays concernés.

 Les autorités de l’ARYM insistent sur l’utilisation exclusive du nom Macédoine par l’État
nouvellement constitué, principalement composé d’une population slave et de diverses
minorités telles que des Albanais (30 %), des Roms, des Turcs, des Bulgares, des Grecs, des
Serbes, etc. Il ne fait aucun doute que l’utilisation exclusive du nom Macédoine adoptée
principalement par les Slaves de l’ARYM et leur volonté d’être désignés comme
Macédoniens ethniques soient susceptibles de stimuler les visées expansionnistes de l’ARYM
et de sa diaspora. Leurs revendications du droit à l’auto-identification sont injustifiées et
violent les droits des Grecs macédoniens. En aucun cas, la communauté internationale et le
système juridique international ne devraient tolérer l’ingérence dans l’identité culturelle et
historique appartenant à une autre nation depuis des milliers d’années. Personne ne devrait
avoir le droit d’utiliser un terme dans un sens ethnologique appartenant culturellement et
historiquement à une autre nation depuis des siècles. Le cas échéant, cela devrait être perçu
comme une tentative évidente de nous ravir — à nous, les héritiers légitimes — tout ce qui
compose l’identité macédonienne et nier notre droit inaliénable à notre identité
macédonienne.

 Lors de son 65e congrès, qui a eu lieu du 26 au 30 mai 2011, à Worcester au Massachusetts,
l’Association panmacédonienne a pris les décisions suivantes : « Nous n’accepterons jamais,
concernant exhortons les Grecs à prendre conscience des pièges et des dommages potentiels
causés à la Grèce en ou ses dérivés. » Telle que définie par ses membres, la mission de
l’Association est « d’unir tous les Macédoniens, autres Hellènes et philhellènes, de protéger
les origines helléniques du nom, de l’histoire et de la culture de la Macédoine, de contrer
toute falsification et distorsion de notre histoire, de promouvoir les idéaux, l’histoire et la
culture helléniques, de même que de consolider les liens éducatifs et culturels entre les
États-Unis d’Amérique et la Grèce. »

 Si nous prenions le temps d’examiner les diverses associations ou sociétés bénévoles à
l’échelle nationale, nous verrions que la plupart sont nées d’un besoin et parfois d’un
problème rencontré à un certain moment. Le besoin de créer l’Association panmacédonienne
des États-Unis a surgi parmi les Macédoniens de la diaspora quand ils ont senti qu’ils
devaient protéger les frontières de leur mère-patrie des visées expansionnistes et de la
voracité de leurs voisins du Nord.

 Les Grecs des États-Unis ont formé une organisation pendant les années 1940 afin de
combattre la propagande pour leur Macédoine bien-aimée et, en même temps, d’unir tous les
Grecs.

Professeure au département des Études helléniques à l’Université du New Hampshire, Nina Gatzoulis a
assumé la présidence suprême de l’Association panmacédonienne des États-Unis. Elle est actuellement
coordonnatrice auprès des Associations panmacédoniennes internationales.

Traduction | Manon Robillard

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Comments

Merci pour l’article. Quelqu’un pourrait m’ider à trouver des codes valides SVP? Je galère grave

ΑΡΧΑΙΟΣ ΧΡΙΣΤΙΑΝΟΣ says:

Chaque Grec de la diaspora doit être clairvoyant,d’une connaissance bien approfondie de l’histoire locale,de son histoire du lieu,afin de défendre le nom sacré de la Macédoine,le nom sacré de la Grèce.

Max says:

Les vrais Macédoniens aux Etats-Unis comme partout dans le monde sont grecs et ils croient l’histoire grecque qui a la vérité sur son côté. Si vous faites référence à des gens aux Etats-Unis de Skopje ou à la population de l’état de Skopje, ils soutiennent que la Macédoine ne fut jamais grecque et la Macédoine antique n’était pas grec aussi. C’est ce que le gouvernement de Skopje veut faire croire au monde…qu’ils sont les vrais Macédoniens. Nous publierons également un texte en français qui discute la propagande de Skopje. Il sera très intéressant.

Votre grand-père a combattu en Asie Mineure contre les Turcs?

Merci pour vos aimables paroles.

ROMANZINI says:

Merci pour cette traduction, bien que cela ne reste pas clair pour moi. La diaspora macédonienne aux Etats-Unis revendique quoi ? Je m’intéresse à l’histoire grecque depuis longtemps, enfin surtout à cause d’Alexandre le grand, mais c’est aussi parce que mon grand-père a été poilu sur le font d’Orient, la grande H l’a concerné.